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La vie extraordinaire d'une chanteuse normale.

LE BLOG DE LISE PRAT-CHERHAL

J'avais été prise au piège de la thérabois.

Quand j’ai su que mon ami Jérôme allait déménager son atelier juste à côté de chez moi, cela m’a emplie de joie.

C’était plus qu’évident. Nous allions désormais nous voir souvent. Nous irions déjeuner, boire des cafés, faire des balades juste à côté.

Cela fait maintenant plus de six mois qu’il a déménagé, et finalement, rien n’a changé. Nous nous voyons exactement comme avant, à savoir à peu près deux fois par mois, ou trois si j’ai besoin de lui pour bouger mon lave-vaisselle ou quand il m’offre une pizza.

Lorsqu’il m’a téléphoné, ce jour-là, je n’ai pas répondu. Ce n’est pas que je ne voulais pas lui parler. Non. C’est simplement parce que, la plupart du temps, le téléphone, je n’y réponds pas. Et pour couronner le tout, les messages, je ne les écoute pas.

Cela fait bien longtemps que mon ami a compris que, pour me contacter, il faut toujours doubler le coup de fil d’un message écrit.

Il me proposait de venir boire un café à son atelier et avait une idée dont il voulait me faire profiter.

Il avait une toute nouvelle thérapie à me proposer : la thérabois. Cela consistait, me disait-il, à aller mieux en bougeant du bois. C’était un genre de thérapatch, mais sans patch. Et avec du bois.

(Pour ceux qui ne connaissent pas la thérapatch, je vous laisse consulter cette article qui relate une pratique illégale de la médecine : C'est ainsi que la thérapatch a été inventée )

Cela m’a intriguée. J’ai donc déserté mon déjeuner sans me donner la peine de débarrasser, car depuis que mon coloc a déménagé, je ne perds plus de temps, chaque jour, à débarrasser après avoir mangé.

Quand je suis arrivée à l’atelier, j’ai vu l’ampleur du chantier.

De bien larges lambourdes de 4 mètres de long étaient alignées à l’extérieur. Il devait les déplacer à l’intérieur avant 16 h car il craignait la pluie.

Je n’avais guère envie de tester cette thérapie qu’il venait d’inventer. J’ai donc eu très envie de lui déclarer : « Oh, c’est gentil de me proposer cette thérapie, mon vieux, mais tu sais, depuis quelque temps, moi, ça va beaucoup mieux ».

Mais je n’ai rien dit, car c’eût été un mensonge. Notamment parce qu’une semaine auparavant, le sol s’était une fois de plus dérobé sous mes pieds pour me faire tomber dans un trou. De légère profondeur, certes, mais un trou qui, tout de même, m’a fait bien mal au cœur.

J’ai alors eu l’idée d’une deuxième porte de sortie :

– Mais, vois-tu, cher ami, tu ne peux que le constater, c’est en robe, ce matin, que j’ai décidé de m’habiller. Je ne vais pas porter du bois ainsi apprêtée, je risquerais de l’abîmer.

Ce malin m’a alors rétorqué :

— Pas de problème, je te prête un tee-shirt et un short. Ils sont dans ma valise, attends, je te les apporte.

J’étais piégée. Je suis allée me changer en traînant les pieds et en râlant un peu.

Évidemment, le résultat de mon habillement était affreux.

C’est ainsi qu’un jeudi après-midi, je me suis retrouvée à bouger de très lourdes lambourdes de bois avec un tee-shirt oversize pas vraiment à mon goût et un short qui me tombait régulièrement sur les genoux.

Lorsque le travail a été fini, un sentiment de satisfaction m’a envahie et m’a donné le sourire jusqu’à la fin de l’après-midi.

Il venait d’inventer la thérabois, et elle fonctionne, je crois.

 

Et si vous aimez mes écrits, je ne peux que vous conseiller de lire celui-ci : 

Commander ici "Le sujet"

J'avais été prise au piège de la thérabois.
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